Vendredi 27 mars 2009
"Les timbres, cette année, on sera pas nombreux à les payer!" A la sortie de l'hotel dijonnais où l'accord venait d'être signé, ce salarié d'Amora ne décolérait pas en livrant de manière claire la façon dont il allait envisager son avenir d'adhérent à un syndicat. "C'est pas la peine d'appeler à manifester tous les 2 mois  pour nous faire un coup comme ça!" lançait une deuxième.
Pour comprendre l'origine de cette colère, il faut remonter à mercredi. Le 25 Mars marquait donc, en théorie, la limite pour la signature du protocole d'accord mettant fin au conflit. Les représentants de l'intersyndicale étaient conviés par la direction d'Amora à une ultime Réunion, de laquelle est d'ailleurs sortie la décision de repousser l'échéance de la signature à hier 15 heures.
Le reste, c'est Jean Pierre CORDIER (FO Dijon) qui en témoigne: " La réunion de mercredi soir était fixée à 18h. A 17h45, Bernard DESCHAMPS notre collègue de la CFDT, reçoit un coup de téléphone de sa confédération qui lui dit qu'il faut qu'il signe cet accord, sinon, il ne fera plus partie de la CFDT. Ces pressions sur un collègue syndiqué de la part de sa confédération sont scandaleuses. Sur le terrain, nous étions unis syndicalement mais tout cela n'à servi à rien parce que nous avons été court-circuités par les centrales parisiennes. Nous avons vraiment le sentiment qu'on est passé au dessus de nos têtes pour négossier avec la direction d'Amora. En agissant de cette façon ils nous ont mis dans la merde !!!".

Ne pas prendre le risque de tout perdre :
Bernard Deschamps, pour sa part, qui avait veçu le matin même face aux grévistes de Chevigny un moment difficile après avoir annoncé qu'il signerait l'accord, revenait sur cette soirée de mercredi :
"J'ai effectivement subi des pressions mais le fait d'être viré de la CFDT n'est pas ma principale inquiètude. On m'a demandé de ne pas prendre le risque de tout perdre pour les salariés et il est vrai que beaucoup de personnes, notamment d'Appoigny, m'ont contacté pour qu'on signe l'accord et qu'elles partent avec quelque chose. A titre personnel, c'était aussi  ma conviction, parce que, faute d'accord, la direction menaçait de fermer tous les sites.Unilever ne voulait plus entendre parler d'Amora".
"Durant ce conflit concluait Jean-Pierre Cordier, Bernard Deschamps a été un syndicaliste irréprochable". Parmi les grévistes en colère, hier, beaucoup estimaient qu'il aurait dû démissionner, plutôt que de signer.

                                                                                                                                                        Berty Robert (Pien Public)  
Par Salariés Amora-Maille FO et CFDT
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Vendredi 27 mars 2009
Un protocole d'accord a été signé hier après-midi. Le travail devrait donc reprendre dans les usines Amora. Mais sous le papier, les délégués syndicaux dénoncent une véritable trahison... syndicale.
Il paraît que sortir d'un conflit est toujours plus douloureux et difficile que d'y entrer. La signature du protocole d'accord survenue hier entre l'intersyndicale (FO/CFDT/CGT) d'Amora-Maille et la direction illustre parfaitement cette règle non-écrite.
Certes, sortie du conflit il y a bien. Certes, l'accord prévoyant, en plus des mesures du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) déjà acceptées par les représentants du personnel, une indemnité de préjudice de 50 000 € à laquelle s'ajoute une indemnité légale pouvant conduire ce montant à un maximum de 100 000 € va bien entrer en vigueur. Il comprend également le rapatriement d'une ligne de production de vinaigrette de République tchèque à Chevigny et le décalage du 1er juillet au 1er septembre prochain de l'arrêt de l'activité de l'usine d'Appoigny, dans l'Yonne.
Des traces sociales et humaines
Mais l'accord ne rendra jamais compte de l'état d'esprit dans lequel les acteurs de cette crise ont vécu les dernières heures qui ont précédé la signature. Si sortie de crise il y a bien, avec, officiellement, une reprise du travail fixée à ce matin, cette semaine de blocage aura laissé des traces, sur les plans social et humain.
Si la confrontation entre une direction et des représentants du personnel reste une composante inévitable de tout conflit social, il est plus étonnant d'entendre ces mêmes représentants du personnel avoir des mots très durs envers… les centrales syndicales.
Pourtant, le matin, lors de l'assemblée générale des grévistes devant les grilles du site de Chevigny-Saint-Sauveur et l'après-midi, devant l'hôtel Mercure de Dijon où avait eu lieu la signature, le sentiment d'avoir été trahi par des directions syndicales parisiennes coupées du terrain s'exprimait sans ambiguïté.
Le point limite
L'accord de sortie de crise n'a en fait été signé que par le représentant de la CFDT, la CGT et FO estimant pour leur part que le compte n'y était pas. Cet accord, signé par une organisation minoritaire dans l'absolu, pourrait faire l'objet d'une contestation par voie de justice. Mais il n'en sera rien : « J'ai évoqué cette possibilité, soulignait Jean-Pierre Cordier, délégué FO chez Amora, et Hervé Laureau, le P-dg d'Amora-Maille, m'a répondu de manière très claire : si nous faisions cela, Unilever aurait décidé de fermer l'usine de Chevigny. C'est dégueulasse, mais je refuse de prendre la responsabilité de mettre en péril l'emploi de 137 autres personnes. »
Dont acte. Restent les conditions dans lesquelles Bernard Deschamps, délégué syndical central de la CFDT au sein d'Amora-Maille, a été conduit à parapher le document (voir ci-dessous).
Ces dernières scandalisent les autres représentants du personnel ayant participé aux négociations même si, dans le même temps, Bernard Deschamps et les autres représentants de la CFDT présents hier à l'assemblée générale de Chevigny réaffirmaient que, malgré tout, cet accord représentait une avancée réelle et que de leur point de vue, la responsabilité syndicale consistait également à ne pas prendre le risque de tout perdre, à savoir jusqu'où l'on pouvait aller dans le rapport de force.
Pour eux, même si, sur la méthode, il y aurait beaucoup à dire (voir ci-dessous), le conflit chez Amora était parvenu à ce point limite. Un sentiment qui n'était pas partagé par les autres composantes de l'intersyndicale. Néanmoins, jusqu'au bout et malgré des différences de perception, la conduite du conflit se sera voulue disciplinée et opposée aux débordements.
Dans tout conflit - et celui d'Amora ne fait pas exception - il y a les réalités humaines et des contextes globaux qui, pour des raisons parfois obscures, doivent conduire les délégués syndicaux à signer des accords ne faisant pas l'unanimité.
La réalité humaine, c'était, hier, ce gréviste qui expliquait qu'avec une épouse lourdement handicapée et une maison adaptée dont il avait dû faire l'acquisition, s'il perdait son travail, même avec l'indemnité de 50 000 €, il était mort.
Entre l'enclume de ces réalités et le double marteau de la direction du groupe Unilever et des orientations voulues par les centrales syndicales, la vie de délégué chez Amora était un peu plus lourde à porter, hier.

Berty ROBERT
Par Salariés Amora-Maille FO et CFDT
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Lundi 9 février 2009
Par Salariés Amora-Maille FO et CFDT
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Dimanche 8 février 2009
Unilever : les ventes se sont tassées en 2008


 Le groupe anglo-néerlandais a vu son bénéfice net grimper de 28% l'an passé, à 5,3 milliards d'euros, tiré notamment par des cessions d'actifs. Le chiffre d'affaires annuel est, lui, resté stagnant, gagnant seulement 1%.


A l'heure où les comptes des grands groupes internationaux basculent dans le rouge, ceux d'Unilever restent résolument dans le vert. Le géant de l'agroalimentaire, de l'hygiène et des produits de l'entretien a fait état jeudi d'un bénéfice net en hausse de 28% au titre de 2008, à 5,29 milliards d'euros. Les performances sur les neuf premiers mois de l'année, avec un bénéfice net en progression de 22%, à 4,1 milliards d'euros, avaient laissé entrevoir un exercice solide en termes de rentabilité nette. Le quatrième trimestre est venu confirmer, et amplifier, cette tendance : le résultat net a grimpé de 51%, à 1,19 milliard d'euros, au cours des trois derniers mois de l'année. La recette n'est cependant pas à chercher du côté des ventes du groupe, qui ont progressé de seulement 0,8% sur l'année, à 40,5 milliards d'euros, pénalisée par des effets de change défavorables (4,8%) et des ventes d'actifs (1,4%). Ces dernières (Boursin, l'huile d'olive Bertolli, les sauces Lawry's, ses lessives aux Etats-Unis) sont cependant venues gonfler de 1,6 milliard d'euros le résultat net. Unilever a réussi à passer des hausses de prix en Europe, mais a vu chuter une partie de ses volumes dans la région. Le groupe est moins précis sur l'Amérique, faisant état d'un ralentissement au quatrième trimestre. La croissance "sous-jacente" a été de 3,8% aux Etats-Unis sur l'année, et de 12% en Amérique Latine. Dans la zone Asie-Afrique-PECO, Unilever a profité de prix et de volumes en hausse. Le groupe a également bénéficié de ses efforts de réductions des coûts, qui lui ont permis d'économiser 1,1 milliard d'euros. Mais le poids des matières premières s'est accru de 2,7 milliards d'euros sur l'année. Hors exceptionnels, le résultat opérationnel n'a, au final, progressé que de 1% sur l'année (+ 37%, à 7,16 milliards d'euros en chiffres consolidés). Piloté depuis un mois par un nouveau capitaine, Paul Polman, issu des rangs de Procter & Gamble et Nestlé, le groupe s'est refusé à formuler des prévisions, jugeant l'exercice "inapproprié" compte tenu du contexte macro-économique. "Compte tenu de l'incertitude économique actuelle, je pense qu'il serait inapproprié à ce stade de donner des prévisions spécifiques pour 2009 ou de confirmer nos objectifs 2010", a indiqué Paul Polman. "Cela dit, j'ai confiance dans la solidité sous-jacente de notre activité et dans le fait qu'à long terme nous aurons des niveaux très compétitifs de croissance et d'amélioration de la marge".

Les Échos - 5 fév 2009

Par Salariés Amora-Maille FO et CFDT
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Mercredi 4 février 2009

 

COMPTE RENDU DE LA REUNION DU 06 JANVIER 2009

 

Point sur la procédure de consultation du Comité Central Entreprise sur le projet de restructuration Amora-Maille.

 

Les élus au Comité Central Entreprise ont rencontré la direction générale le 28 janvier 2009 pour la deuxième réunion de consultation du CCE sur le projet de réorganisation des sites Amora-Maille.

 

Avant tout, nous allons faire un  rappel complet sur les annonces de la direction qui ont provoqué la mise en place d’un calendrier précis des procédures et des réunions qui en découlent.

 

Suite aux annonces du 20 novembre 2008 en réunion de Comité Central d’Entreprise extraordinaire, la direction et les élus ont entamé une procédure de consultation du CCE  pour un projet de licenciement collectif pour motif économique dont le cadre est fixé clairement par le nouveau code du travail :

 

Licenciement économique d’au moins 10 salariés dans une entreprise de 50 salariés et plus.

 

Les dates et les délais des réunions entre le CCE et  la direction sont prévus dans le cadre de la loi.

 

Conformément au droit, la direction a convoqué le CCE pour la première réunion de consultation, le 06 janvier 2009.

 

Auparavant le Directeur des Relations Humaines (DRH) établit un ordre du jour avec le secrétaire du CCE. Cet ordre du jour sera reçu par les membres du CCE le 16 décembre 2008 par courrier recommandé avec accusé de réception avec les documents détaillés sur la nature du projet.

 

Plusieurs points sont à l’ordre du jour du CCE :

 

 Consultation du CCE sur un projet de réorganisation des sites de Chevigny Saint Sauveur, Dijon, Appoigny.

 

La consultation porte sur le projet de la fermeture de l’usine de Dijon et Appoigny avec le transfert de matériel des deux sites concernés, en vue de réorganiser leurs activités sur le site de Chevigny saint Sauveur.

 

Au niveau de la loi, c’est l’ouverture du livre IV dans l’ancien code du travail ou de l’article L 2323-6 du nouveau code du travail.

 

Puis vient le point suivant :

 

 Consultation du CCE sur un projet de licenciement collectif pouvant résulter de la mise en œuvre du projet de réorganisation des sites de Chevigny Saint Sauveur (centre logistique), Dijon, Appoigny.

 

Au niveau de la loi, c’est l’ouverture du livre III dans l’ancien code du travail et l’article L 2233-28 et suivants, du nouveau code du travail.

 

Dans les deux cas de figure, la procédure de consultation doit aboutir à deux avis motivés du CCE sur le projet.

 

Un avis sur le projet de restructuration industrielle Livret IV (L 2323-6) et un autre sur le projet de licenciement économique (296 suppressions de postes) Livret III (L1233-28 et suivants) et du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui l’accompagne.

 

L’avis ne peut pas se contenter d’être négatif ou positif, mais motivé.

 

Sur le volet industriel, les élus du CCE doivent étudier et comprendre toutes les mesures présentées par la direction.

 

Dans ce type de procédure, le CCE peut nommer un expert comptable.

 

Le rapport de l’expert comptable a pour but d’éclairer le CCE sur la situation de l’entreprise et les moyens qu’elle compte mettre en place pour réaliser son projet.

 

La complexité du projet demande un travail important des élus en relation avec l’expert comptable.

 

Dans tous les cas de figure, les élus doivent se référer à l’article L 2323-4 du code du travail suivant :

 

Pour lui permettre de formuler un avis motivé, le comité d’entreprise doit disposer d’informations précises et écrites transmises par l’employeur, d’un délai d’examen suffisant et de la réponse motivée de l’employeur à ses propres informations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le volet industriel (Livre IV) les élus doivent poser les questions sur la pertinence du projet et des moyens mis en œuvre par la direction pour garantir la pérennité du site de Chevigny Saint Sauveur. Ils peuvent faire des propositions sur des scénarios alternatifs.

 

 Ils doivent aussi s’assurer que le projet est bien à caractère économique.

 

Pour rappel, le motif retenu pour un licenciement économique peut être défini :

 

-         Pour mutation technologique.

-         Pour difficultés économiques

-         Pour sauvegarde de la compétitivité.

 

Sur le volet social (Livre III), le plan de licenciement est obligatoirement accompagné d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

 

Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)

 

Le PSE doit être négocié par les élus et les organisations syndicales sur la base d’une proposition de la direction.

 

Le PSE doit permettre d’accompagner le plus de personnes possibles par des reclassements internes ou externes au groupe.

 

Le PSE présenté par la direction est organisé autour des mesures suivantes :

 

  1. Reclassement dans la société et dans le Groupe (interne)
  2. Mise en place d’un congé de reclassement.
  3. Aide à la recherche d’un emploi à l’extérieur.
  4. Action d’adaptation et de formation.
  5. Aide à la création de son emploi et aide à la création d’activités nouvelles ou à la reprise d’activités.
  6. Avantages consentis au nouvel employeur.
  7. Mesures spécifiques pour les salariés de 50 ans et plus ou particulièrement fragilisés.
  8. Mesures spécifiques pour les salariés handicapés.
  9. Organisation des départs.
  10. Indemnités.
  11. Commission de suivi.

 

 On entend par reclassement interne tous les postes à l’intérieur du groupe Unilever, en national ou international.

 

D’un point de vue juridique, le  code du travail se contente de définir un certain nombre de mesures génériques composant le PSE et il appartient à l’employeur de rendre pratique ces mesures.

 

 Le PSE doit s’articuler selon trois critères principaux :

 

 

- Le PSE doit être proportionnel aux moyens de l’entreprise ou du groupe à laquelle elle est adossée. L’expert comptable, par son rapport, détermine les moyens que la direction peut mettre en oeuvre pour concevoir un plan social à hauteur des possibilités financières du groupe.

 

- Le PSE s’apprécie par le caractère précis de ces mesures.

 

- Le PSE doit être consistant et réaliste et faire preuve d’une grande capacité à accompagner au mieux les salariés qui devront se reclasser.

 

Dans notre cas, le PSE présenté par la direction est loin d’être conforme à l’attente des salariés. Certaines mesures semblent plutôt bonnes, mais l’ensemble se résume à un texte à l’enchaînement très confus et contradictoire au fil des pages.

 

La présentation est propre à embrouiller le lecteur, ce qui peut se révéler être une stratégie de la direction.

 

Vu la nature complexe et importante du projet, la direction doit mettre en place des mesures exceptionnelles, avec des moyens en corrélation avec la situation de l’entreprise, qui est loin d’être  dans une situation financière catastrophique.

 

Pourtant les moyens mis en œuvre paraissent à minima, frisant l’indécence.

 

Enfin, pour en conclure avec le PSE, les élus ne peuvent donc pas débuter les discussions avec la direction, tant que l’expert comptable n’aura pas rendu son rapport le 17 février 2009.

 

Ensuite, pendant les 28 jours compris entre la 2ème et la 3ème réunion, le temps sera consacré aux questions motivées posées à la direction sur les deux livres.

 

C’est en possession de toutes les réponses à leurs questions que les élus pourront, en toute connaissance de causes, débattre des mesures du PSE.

 

Les critères retenus pour fixer l’ordre des licenciements

 

Parallèlement au PSE, il est aussi d’autres mesures que vos élus doivent négocier impérativement.

 

Dans le livre III il est rappelé que priorité serait donnée à toute mesure facilitant le reclassement interne et le départ volontaire avec accord de la direction de l’entreprise.

 

Il est à noter que les phrases sont toujours au conditionnel avec accord de la direction.

 

On peut toujours se poser la question de ce qu’il adviendrait dans la réalité d’un salarié qui

souhaiterait  quitter l’entreprise et qui refuserait un transfert à Chevigny.

 

De même sur les critères pour  l’ordre des licenciements.

 

Les critères retenus pour fixer l’ordre des licenciements seraient ceux énumérés à l’article L1233-5 à 1233-7 du code du travail.

 

Lorsque l’employeur procède à un licenciement collectif pour motif économique et en absence de convention ou accord collectif de travail applicable, il définit les critères retenus pour fixer l’ordre des licenciements, après consultation de Comité d’Entreprise ou, à défaut des délégués du personnel.

 

Ces critères prennent en compte :

 

1° Les charges de famille, en particulier celles des parents isolés ;

2° L’ancienneté de service dans l’établissement ou l’entreprise ;

3° La situation des salariés qui présentent des caractéristiques sociales rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile, notamment celle des personnes handicapées et les salariés âgés ;

4° Les qualités professionnelles appréciées par catégories.

 

Ils seraient appliqués par catégories professionnelles. Chaque catégorie correspond à l’ensemble des salariés qui exerceraient au sein de l’entreprise des fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune.

 

Nous pouvons donc faire l’analyse suivante :

 

Les licenciements ne pourront pas se faire en dehors  du cadre de la loi, qui les fixe par catégories professionnelles.

 

 Selon la présentation de la direction  dans le livre III, les licenciements prévus touchent des catégories professionnelles étendues sur les sites de Dijon,Chevigny, Appoigny et le centre logistique.

.

Les élus s’interrogent lorsque la direction annonce, par voie de presse, que les salariés de Chevigny ne seraient pas concernés par les licenciements.

 

Il est pourtant évident que plusieurs catégories professionnelles, communes à tous les sites, sont concernées par les licenciements (ex : Caristes, conducteurs de lignes ou de machines, électromécaniciens, chefs d’équipes, etc.).

 

D’autre part et pour revenir à l’article L 1233-5 du code du travail, la loi donne un certain nombre de critères pour travailler sur l’ordre des licenciements.

 

La direction dans sa présentation de Livre III met en avant uniquement le critère sur les qualités professionnelles.

 

Il est dit notamment : Chaque critère serait affecté d’un coefficient égal à 1.

Des points seraient attribués comme indiqué ci-après. L’ordre des licenciements serait déterminé, en partant du plus bas nombre de points au plus élevé.

 

A la lecture des documents présentés, la direction prend donc en priorité, pour les ordres des licenciements,  les critères sur les qualités professionnelles décrites de la manière suivante :

 

Compétences techniques et/ou managériales, potentiel d’évolution, capacité à remplir les missions des fonctions restantes ou créées qui seraient évaluées conjointement par le ou les responsables hiérarchiques et le responsable RH.

 

 

Il serait tenu compte des éléments suivants :

 

Compétences techniques, compétences managériales ou autonomie d’initiative, adéquation compétences/rôles restant ou créés.

 

Plus particulièrement  pour les ouvriers Niveau II et III les critères spécifiques suivants :

 

Participation à la maintenance autonome, prise d’initiative/pro activité, adaptation aux rôles restants/créés, autonomie dans la conduite de ligne ou de machine dans les changements de format.

 

Autant de critères évalués entre 0 et 2 points, incompréhensibles à la lecture, évasifs dans leur définition et sans aucun sens réel, de surcroît soumis à la seule appréciation du RH et du responsable hiérarchique.

 

Viennent ensuite des éléments à caractère sociaux :

 

 L’âge (à partir de 40 ans) pour 0 à 2 points, avec la prise en compte d’un handicap supérieur à 20% ou Cotorep catégorie B ou C pour 1 point.

 

 Les charges de famille (personnes à charge fiscalement) pour 0 à 3 points et plus.

 

L’ancienneté à partir de 10 ans pour 0 à 3 points, et la possibilité d’un point supplémentaire pour parent isolé ( célibataire, veuf ou veuve, divorcé(e), séparé(e) de droit ou de fait, ou abandonné(e) et qui élève seul(e) son ou ses enfants, ou bien qui est seule enceinte.

 

En tout état de cause, le total des points attribués aux critères sociaux ne peuvent jamais dépasser ceux des critères en qualités professionnelles.

 

En résumé, quelque soit la situation du salarié, la direction se donne d’entrée le moyen de pouvoir sélectionner à sa guise, sur la base de critères flous et ambigus, les salariés qu’elle souhaiterait licencier.

 

Le licenciement pour motif économique est non  inhérent à la personne. L’employeur ne doit pas pouvoir dire nominativement, à son appréciation, qui doit être licencié.

 

Les élus au CCE avec vos délégués de sites vont donc vous contacter dans les jours qui viennent pour vous demander de leur fournir un certain nombre de renseignements personnels. Ces éléments seront analysés pour établir les critères de la manière la plus objective possible pour les ordres de licenciements.

 

Si ce travail semble fastidieux, il est pour nous indispensable pour faire des propositions motivées qui bénéficieront équitablement à chaque salarié licencié.

 

Nous comptons bien évidemment sur votre aide. Nous aurons besoin d’éléments tel que : âge, ancienneté, qualification, charges de famille, handicap ou maladie professionnelle déclarée, situation maritale, etc.

 

 

 

 

Points divers

 

Les élus et les organisations syndicales ont néanmoins exprimés à la direction leur volonté d’avancer rapidement sur les points suivants, au travers de réunions intermédiaires :

 

La mise en place d’un espace info conseil proche de chaque site de production. Sa mission serait d’informer les salariés sur les mesures proposées, sous réserve de l’avancée des négociations. Une réunion est programmée pour le vendredi 06 février 2009.

 

Une rencontre avec la direction de FM logistique.

A ce jour les élus ne disposent d’aucune information viable ou vérifiable autre que les effets d’annonce de la direction.

 

La rencontre avec d’éventuels repreneurs pour le site industriel d’Appoigny.

 

Les élus sont conscients que la priorité reste l’information et espèrent vous avoir éclairé sur la procédure en cours. Nous ne pouvons pas toujours discuter individuellement avec tous les salariés, mais nous espérons que ce long journal répondra pour partie à vos interrogations.

 

Nous restons néanmoins à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.

 

Nous tenons aussi à vous remercier pour la mobilisation à plus de 90%, sur tous les sites, lors de la journée de grève du 29 janvier 2009.

 

Au-delà des revendications communes des organisations syndicales, le soutien important des salariés  à ce mouvement, montre à la direction notre détermination.

 

Les élus et les organisations syndicales en sortent renforcés et prêtes plus que jamais à défendre vos intérêts.

 

Plus que jamais nous devons afficher notre détermination. Chaque action se doit d’être préparée, réfléchie pour que la direction ne décide pas unilatéralement de l’avenir de chacun.

 

Nous avons des moyens de lutter face au drame qui nous est tombé dessus le 20 novembre. Nous devons rester solidaires et unis, pour que les élus et les organisations syndicales fassent leur travail sereinement, sans pression et sans aucun doute sur le résultat des négociations.

 

Nous avions annoncé dès le CCE du 06 janvier 2009 que nous étions en conflit avec la direction. Force est de constater que les salariés soutiennent l’action des élus et des organisations syndicales.

 

Il y aura d’autres journées d’actions et nous comptons sur vous lorsque nous en aurons besoin.

 

 

 

 

 

 

 

Par Salariés Amora-Maille FO et CFDT
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